Nous sommes dans cette superbe région des Ardennes. 
Les douaniers sont en faction à    la frontière. Les usines produisent à 
plein régime. Le travail ne manque pas. Le nouveau franc est l’unité
monétaire 
en cours.

Jérôme nait en 1971. Il ignore les soucis. Ses parents, très riches, le gâtent. Pendant sa jeunesse, il profite des vacances et de ses moments libres pour rendre visite à son grand-père paternel, propriétaire d’une très importante casse de voitures.

 Souvent en désaccord avec son père, il suit tout de même ses             conseils pour effectuer ses études.

* 

 Celles-ci se terminent. Il quitte Paris dans son cabriolet jaune et prend
la direction  de Vouziers.

Arrivé dans cette petite ville arrosée par l’Aisne, il salue au passage plusieurs jolies Vouzinoises de sa connaissance, puis entre dans l’imposant parc de la propriété familiale.

Au fond de celui-ci, une majestueuse maison de style baroque, reconstruite après la Première Guerre, attire les regards.

Il monte l’escalier et pénètre dans le hall. Marguerite, la femme de ménage, l’aide à retirer sa veste, puis lui indique que Monsieur et Madame sont dans le grand salon.

Il se précipite vers eux, les embrasse, puis annonce qu’il vient d’obtenir son diplôme. Ses parents le félicitent.

Martin, son père, est un descendant d’une longue lignée d’industriels ayant fait fortune dans la récupération des métaux. Il est doué, toujours à la pointe du progrès, et patron d’une entreprise d’électronique.

Marie-Françoise, sa mère, est fille de riches commerçants installés à Nice.

Martin lui demande si son voyage s’est bien passé. Dès qu’il a écouté la réponse, il l’informe qu’une place l’attend à ses côtés.

Jérôme se voit déjà emprisonné sous les ordres d’un Ardennais têtu comme une mule. Afin de retarder cette subordination redoutée, il objecte qu’il aimerait d’abord prendre un mois de vacances.

Martin s’exclame :

— Tu as plus de vingt ans ! Tu dois travailler ! Jusqu’aujourd’hui, ta mère et moi avons fermé les yeux sur tes caprices d’enfant gâté, mais cela doit cesser. Demain matin, à huit heures précises, je t’attendrai dans mon bureau pour te mettre en route.

— Mon trésor, tu pourrais tout de même lui accorder quelques jours. Il a réussi cet examen grâce à des efforts continus, lui fait remarquer sa femme.

— Tu veux encore le dorloter, mais cela doit s’arrêter. Il doit gagner sa vie !

— Laisse-le s’éloigner un peu pour changer d’air. Il pourrait passer quelques jours chez mes parents.

— Ils le couveront plus que toi.

— Tu as raison, maman. J’aiderais mon grand-père. Après tout, la mécanique est le métier que j’aime, et que j’ai appris. Lors de son dernier appel téléphonique, il m’a annoncé qu’il était débordé par le travail, depuis l’arrivée des vacanciers.

— C’est bien ce que tu as étudié, mais penses-tu que dans notre entreprise nous nous tournons les pouces ? Rétorque Martin.

Marie-Françoise fait une bise à son mari, puis ajoute :

— Mon trésor, c’est vrai qu’avec mon père, il pourrait se perfectionner. Préfères-tu que je l’accompagne ?

— Crois-tu que de cette façon il apprendra à se débrouiller ?

Bon, puisque tu as obtenu ton diplôme, je t’accorde quinze jours de vacances pour te rendre chez tes grands-parents. Tu partiras demain matin, sans voiture et sans argent. Tu devras passer plusieurs jours là-bas et revenir à la date prévue. Si tu y arrives, sans aucune aide de notre part ni celle de la famille, j’accepterai ton choix et je réaliserai ton rêve. Mais je te préviens, si tu ne viens pas travailler avec moi, ce cadeau sera le dernier.

Jérôme s’approche de lui et l’embrasse :

— Merci, papa. Cette récompense pourra-t-elle être un garage ?

— Jérôme ! Ton père respecte ses promesses. C’est à toi de faire le nécessaire pour l’obtenir.

— J’ai bien dit sans voiture et sans argent. As-tu bien entendu, ma biche ?

— Naturellement, même si Nice est loin de Vouziers. Je veux aussi voir s’il est capable de se débrouiller seul, sans toujours compter sur nous.

Jérôme embrasse sa mère, puis il se dirige vers sa chambre.

*

       Le lendemain matin, vers huit heures, il arrive à la cuisine avec un sac à dos bien rempli. Martin et Marie-Françoise apprécient le petit déjeuner. Jérôme se penche vers elle puis l’embrasse.

— As-tu bien dormi ? lui demande-t-elle.

— Oui, maman, comme un loir.

Il s’approche de son père et en fait autant.

— Je vois que tu as préparé ton baluchon. Tu n’as donc pas changé d’avis ?

— Non, papa. Je tiens à te prouver que je suis capable de faire ce que tu m’imposes. Je veux aussi devenir le propriétaire d’un grand garage, comme ceux de la route de Reims.

— Rien que cela ? Tu ne choisis pas le plus petit, relève sa mère.

Martin sourit puis ajoute, en direction de sa femme :

— Il a raison. À sa place, j’aurais répondu la même chose.

— Vous êtes les mêmes !

— Donne-moi ton portefeuille !

Jérôme le sort de son sac. Martin l’ouvre, le vide totalement, reprend la pièce d’identité et le permis de conduire, les remet à leur emplacement, puis le lui rend. Il se tourne, saisit un appareil gris, et le lui tend en disant :

— C’est l’un des dix prototypes du futur téléphone mobile. Il est en expérimentation. Il fonctionne uniquement dans les régions de Paris, Lyon, Marseille et Nice. Il est encore assez gros, mais dans une vingtaine d’années, nous l’aurons réduit à la dimension d’un paquet de cigarettes. Avec lui, tu pourras nous appeler, si tu décides d’abandonner, où le faire avec les services d’urgence en cas de besoin.

— Mon trésor, tu es trop dur avec lui. Tu pourrais lui laisser un peu d’argent pour s’acheter de quoi manger.

— Il va apprécier un dernier petit déjeuner en notre compagnie, puis il partira pour effectuer les 988 km qui nous séparent de tes parents.

*

       Une heure plus tard, Jérôme s’éloigne sous le regard inquiet de sa mère.

— Je me rends à mon bureau. Que fais-tu aujourd’hui ? Lui demande Martin. 

C'est le fin de l'extrait. Si vous voulez connaître la suite, il ne vous reste plus qu'à passer commande de ce livre en cliquant  

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